Coups de Théâtre

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Ce document regroupe les règles de _Coups de théâtre_. Ces règles sont conçues pour jouer à des jeux de rôles narratifs, improvisés, dans lesquels l’histoire est importante et les règles servent occasionnellement, pour s’assurer que tous les joueurs sont d’accord sur ce qui est possible et ce qui ne l’est pas. Coups de Théâtre est prévu pour être joué sans matériel, les mains dans les poches, dans le train ou en sortant du cinéma, en attendant le début d’une réunion ou à la pause. L’univers de jeu n’est pas fourni, à vous d’ajouter le livre/film/manga/délire/… de votre choix.

Portée des actes

Dans Coups de Théâtre, rien n’est totalement impossible, mais tout acte a une portée qui détermine qui peut le réaliser et à quel prix. La portée d’un acte caractérise uniquement *l’effet recherché*, indépendamment des moyens qui vont être effectivement déployés pour atteindre cet effet.

Sans moyens surnaturels, combien de personnes faudrait-il pour atteindre cet effet ?
0: La plupart des adultes en bonne santé peuvent le faire sans difficultés
1: Un groupe d’adultes quelconques en bonne santé peut le faire sans difficultés
2: Une foule d’adultes quelconques en bonne santé peut le faire sans difficultés
3: Un peuple en paix peut le faire sans difficultés
4: L’humanité unie pourrait le faire sans difficultés
5: Avec de l’aide, l’humanité peut le faire sans difficultés
(si votre cadre s’y prête, vous pouvez prolonger l’échelle)

Et de quels moyens (non surnaturels) ont besoin ces personnes ?
+1 si l’acte ne peut être accompli qu’au prix d’énormément d’efforts
+1 si l’acte nécessite un entraînement ou une compétence avancée
+1 si la chance ou le destin doivent entrer en jeu
+1 si un très bon équipement ou de très larges ressources sont nécessaires

Exemples:
* Lire le journal, dans un cadre contemporain
sans difficultés, 0
* Construire une pyramide, dans un cadre antique
une foule d’adultes
+ un très bon équipement et de très larges ressources
+ certains des adultes doivent être fortement entraînés
+ beaucoup d’efforts
= 6
* Chercher une oasis dans le désert, dans un cadre mille et une nuits
un adulte
+ un très bon entraînement
+ un coup de pouce du destin
= 2
* Creuser un tunnel dans une montagne, dans un cadre médiéval haute magie
un adulte
+ un très bon entraînement (de magicien)
+ beaucoup d’efforts
+ un très bon équipement (le sceptre, le chapeau de magicien et la longue barbe)
+ de la chance (pour ne pas réveiller le démon qui dort sous la montagne)
= 4
Dans un cadre médiéval haute magie, l’équipement de magicien n’a rien de surnaturel. Par contre, du matériel de forage contemporain serait clairement surnaturel.

Création de personnage et coups de théâtre

Au commencement d’une partie, chaque joueur dispose de 10 points de Coups de Théâtre. La création du personnage est optionnelle et se déroule
généralement durant la partie, sous la forme de Coups de Théâtre : le joueur annonce au Meneur de Jeu que son personnage dispose d’une compétence, d’un équipement, d’une ressource, etc. qui n’avait pas encore été mentionnée jusque-là. Si le joueur dispose de suffisamment de points pour justifier ce Coup de Théâtre, et à moins que le Meneur de Jeu ou que les autres joueurs ne déterminent que le Coup de Théâtre causerait une incohérence, le personnage dispose dorénavant de cette compétence/équipement/ressource.

Exemple :
* « Je suis un écrivain à succès », dans un cadre contemporain
+ un très bon entraînement (écriture de romans qui plaisient, milieu de l’édition)
+ des ressources (ressources financières, médiatiques, contacts dans le milieu des écrivains et de l’édition)
= 2 points
* « Je suis le Gardien du Bâton du Destin », dans un cadre médiéval haute magie.
Le Bâton du Destin, c’est bien connu, peut influencer la chance.
+ un coup de pouce du destin
= 1 point
* « Je suis immortel », dans un cadre sans magie
Un peuple peut le faire sans difficultés (nous considérons que l’espérance de vie d’un immortel est celle d’un peuple)
= 3 points
* « Je suis immortel », dans un cadre de haute magie où c’est assez courant
+ un coup de pouce du destin (je suis né comme ça)
= 1 point
* « Mon frère travaille à l’ambassade, il peut nous avoir des visas », dans un cadre contemporain
+ des ressources
= 1 point

Occasionnellement, le Meneur de Jeu et les autres joueurs peuvent autoriser un joueur à récupérer ses points de Coup de Théâtre si la compétence/ressource/etc. a disparu (« Oh non, le Bâton du Destin est brisé ! », « Mon ami le médecin légiste est mort comme il a vécu, le bistouri à la main et la cigarette à la bouche. »)

Réaliser un acte

Pour réaliser un acte, il suffit d’arriver à atteindre la portée de l’acte préalablement calculée, en accumulant les compétences du personnage, son équipement, ses ressources, etc.

Exemple :
* Le Gardien du Bâton du Destin veut creuser un tunnel
C’est un adulte en bonne santé
+ 1 coup de pouce du destin (Bâton du Destin)
+ 1 il est prêt à investir énormément d’efforts
Il lui reste à trouver 2 points pour y arriver, par exemple en embauchant une équipe de magiciens pour l’aider (+2). Bien entendu, cela risque de prendre du temps. S’il veut aller plus vite, il faudra qu’en plus, l’équipe de magiciens soit elle-même prête à investir énormément d’efforts (+1). Et bien entendu, il lui faudra certainement des ressources pour trouver l’équipe de magiciens, mais ceci est une autre histoire.

Bien entendu, si le personnage n’est pas un adulte moyen et en bonne santé, le Meneur de Jeu est autorisé à augmenter la difficulté de l’acte, mais il est déconseillé de l’augmenter de plus de 2 points.

Et le reste ?

Coups de Théâtre ne propose pas de règles de combat, pas de points de vie, de liste de sorts. À notre sens, tout ceci fait partie de l’histoire elle-même et n’a pas besoin de règles spécifiques, juste d’imagination.

Si la partie se prolonge, le Meneur de Jeu et les joueurs sont encouragés à distribuer des points supplémentaires aux joueurs. La vitesse d’acquisition de ces points est laissée à la discrétion du groupe de jeu.

La Stratégie Lazare – Épisode 5 – Monument funèbre

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Le Lazare ouvrit péniblement les yeux. Il se souvenait des flammes et du sol secoué de la chapelle. Il se souvenait du bruit assourdissant et de l’escalier qui se dérobait sous ses pas derrière l’autel vacillant. « Au moins, cette fois, je me souviens de quelque chose, pensa-t-il à mi voix. » Impossible de savoir s’il avait réellement prononcé ces mots. Le seul son qui parvenait à sa conscience était celui d’un bourdonnement douloureux et inconstant. Il espérait que le dommage à ses oreilles était réversible.

Le Lazare ouvrit de nouveau les yeux. L’obscurité était revenue avec les explosions ou peu après. Il était tombé à plat ventre sur les marches, la tête plus bas que le corps. Tout en lui était douloureux, il avait du sang sur la langue et ses mâchoires se rejoignaient avec un frottement inhabituel. Il pouvait bouger les bras. Il pouvait se tourner sur lui-même. Lentement, le Lazare se releva.

Machinalement, il tâta ses omoplates à la recherche d’une fracture apparente, puis sa nuque, ses côtes, ses hanches et le haut de ses cuisses. Aucune fracture mais un liquide poisseux, épais et chaud couvrait une partie de son corps. Le Lazare renifla. Le liquide n’avait pas d’odeur particulière. Le liquide couvrait aussi une partie de son crâne et de ses oreilles. Le Lazare essaya de l’essuyer mais n’y arriva pas. Il chercha alors à tâtons l’épée ou la besace mais ne trouva à ses côtés ni l’une ni l’autre. Il se décida à grimper en direction de la chapelle.

Le Lazare posait le pied avec précaution sur cet escalier humide. Les marches étaient plus accidentées que lors de son précédent passage. Tous les quelques pas, le Lazare se baissait à la recherche aveugle de l’épee ou de la besace. Les premières fois, il ne trouva rien. Au sixième essai, il referma ses doigts sur un objet étrange qui devait en fait avoir été un bras humain. Il le rejeta de dégoût et continua son étrange rituel. Quinze ou vingt pas plus haut, il finit par trouver son épée emmêlée dans la besace. Le sac était beaucoup plus léger qu’il ne l’avait été. Dans l’obscurité, il n’avait aucune chance de retrouver le contenu perdu. Besace en bandouillère et épée en main, il surgit une deuxième fois dans la chapelle.

L’obscurité était cette fois totale. Le Lazare contourna le reste de l’autel et se fraya un lent chemin à travers le charnier. Son épée l’aidait à tâter le sol et les restes architecturaux et humains qui jonchaient le chemin. Lorsque son pied nu foula une torche éteinte, il la ramassa et la glissa dans la besace. Il finirait bien par trouver de quoi l’allumer. Le Lazare entendit un grésillement et réalisa que son ouïe revenait. Il suivit le bruit jusqu’à la porte et la trouva sortie de ses gonds. Pieds nus, le Lazare foula la lourde porte tombée. C’est à ce moment-là qu’il réalisa qu’aucune lumière ne parvenait de l’extérieur. Le bâtiment était certainement souterrain.

Abruptement, le grésillement se fit voix : « Bravo 3, ici contrôle Alpha, je répète, les renforts sont en chemin. Si vous m’entendez, tenez bon. »

Le Lazare soupira à la nouvelle d’autres renforts. Il s’engagea sur la porte, à la recherche de la radio qui s’était remise à bourdonner. Au bout de quelques pas, après avoir frôlé de l’orteil un lourd clou de métal, il finit par s’accroupir et continuer son chemin à quatre pattes, légèrement confus de marcher comme un chien ou un enfant, mais dissimulé à lui-même par l’obscurité. Il évita d’autres clous, des échardes, puis enfin, il posa une main hors de la chapelle. Il se releva.

L’histoire de la poule de Hanoï

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Cette histoire se déroule il y a très longtemps, dans un pays lointain qui s’appelait le Viet-Nam. Ce pays était peuplé de gens qui ne nous ressemblaient pas forcément, parce qu’ils n’avaient pas la même couleur de peau que nous, parce qu’ils ne parlaient pas la même langue que nous, parce qu’ils ne mangeaient pas les mêmes plats que nous ou qu’ils n’aimaient pas la même musique que nous. Ces gens n’étaient cependant pas très différents de nous – certains étaient gentils et d’autres méchants, certains intelligents et d’autres moins, il y avait des bébés et des grand-mères, des papas et des mamans.

Notre histoire commence dans une petite ferme près de la ville de Hanoï. Dans cette ferme, une poule pondit un œuf qui contenait un poussin. Comme toutes les poules, à Hanoï ou ailleurs dans le monde, la poule couva son œuf jusqu’à la naissance du poussin. Et un beau jour, elle sentit l’œuf craquer et elle vit un très beau petit poussin sortir la tête. La maman poule aida son poussin à finir de sortir de l’œuf et elle constata avec surprise que, au lieu d’être tout jaune comme la plupart des poussins, ce poussin était multicolore. Il avait la tête marron, le cou jaune, le corps orange et rouge et les pattes marron claires. De mémoire de poule, on n’avait jamais vu un poussin comme cela !

La maman poule, comme toute les mamans, aimait très fort son poussin. Toute fière, elle fit le tour de la ferme pour montrer le beau poussin multicolore à toutes les poules et aux autres animaux de la ferme. Malheureusement, les autres poules de la ferme n’étaient ni très gentilles, ni très intelligentes, ce qui est souvent la même chose. Alors que tout le monde aurait pu se réjouir de la naissance de ce beau poussin multicolore, qui était peut-être unique au monde, les autres poules commencèrent à dire que le poussin multicolore n’était pas normal, qu’il était malade, qu’il allait certainement contaminer les autres poules et les poussins, bref qu’elles ne voulaient pas de ce poussin dans leur ferme. Au début, la maman poule se dit que les autres poules allaient changer d’avis, qu’elles allaient finir par se rendre compte que le poussin multicolore était un très beau poussin et qu’il n’était pas plus dangereux qu’un autre et qu’elles allaient finir par l’aimer aussi. Malheureusement, ce n’est pas ce qui arriva. Les méchantes poules continuèrent à dire du mal du poussin et de sa mère tous les jours, toute la journée, si bien que la maman poule et le poussin multicolore finirent par être obligés de quitter la ferme.

La maman poule et le poussin multicolore partirent donc de la ferme par la route, sans savoir où ils pouvaient aller. Ils étaient tous les deux très malheureux d’avoir été chassés de leur ferme. Alors qu’ils marchaient sur la route depuis un petit moment, ils rencontrèrent un vieil homme. Le vieil homme regarda le poussin et dit qu’il était très beau. Il sortit de sa poche un petit bout de pain et l’offrit à la maman poule et au poussin multicolore. La poule et le poussin étaient très contents d’avoir rencontré un vieil homme aussi gentil. Malheureusement, ce vieil homme faisait semblant d’être gentil. En vérité, il avait repéré le beau poussin multicolore et avait décidé de l’enlever pour le vendre à un marchand. Pendant que la maman poule et le poussin multicolore étaient en train de manger le pain, le vieil homme s’empara du poussin, le glissa dans sa poche et s’enfuit en courant en direction de la ville de Hanoï.

Le poussin multicolore était effrayé. Il était enfermé dans la poche du vieux monsieur, il appelait à l’aide et entendait sa maman la poule l’appeler mais il ne pouvait rien faire. Le vieux monsieur courut jusqu’à la ville et une fois arrivé en ville, il courut jusqu’à la demeure d’un marchand. Le vieil homme proposa le poussin multicolore au marchand et le marchand l’acheta pour le prix d’une pièce d’argent. Pendant les jours qui suivirent, le marchand s’occupa bien du poussin, car il voulait le faire grandir et le revendre plus cher à un marchand plus riche. Une fois que le poussin eût un peu grandi, le marchand alla le revendre à un marchand plus riche pour le prix de dix pièces d’argent. Le marchand plus riche s’occupa à son tour du poussin multicolore puis le revendit à un marchand encore plus riche pour le prix de cent pièces d’argent, ce qui était beaucoup plus cher. Le marchand encore plus riche s’occupa à son tour du poussin multicolore puis le revendit à la cour du roi pour le prix énorme de mille pièces d’argent.

Lorsqu’il arriva à la cour du roi, le poussin multicolore avait bien grandi et était devenu une petite poule multicolore très intelligente. Cette poule multicolore fut amenée et présentée au roi du Viêt-Nam. Le roi du Viêt-Nam aima immédiatement cette poule multicolore et très intelligente et la fit amener dans sa volière personnelle. Dans les mois qui suivirent, le roi du Viêt-Nam passa souvent regarder la poule multicolore et la montra à tous ses invités de marque. Comme la poule multicolore était aussi très gentille, elle se lia très vite d’amitié avec les autres oiseaux de la volière : le perroquet, l’aigle, le faucon, le toucan, le pigeon voyageur et tous les autres. La poule était très contente dans la volière du roi, avec autant d’amis, mais sa mère lui manquait beaucoup.

Un jour, après avoir beaucoup réfléchi, la poule multicolore et le pigeon voyageur conçurent un plan pour retrouver la maman poule. Comme le pigeon voyageur sortait fréquemment du palais pour emporter les messages du roi, il pourrait profiter de l’occasion pour aller demander de l’aide à certains de ses amis pigeons qui vivaient à l’extérieur du palais. Ainsi, lorsque le roi confia un message au pigeon voyageur pour qu’il l’emporte à la frontière du royaume, le pigeon voyageur commença par aller voir l’un de ses amis. Il lui raconta l’histoire de la poule multicolore et de la maman poule et lui recommanda de raconter l’histoire à tous ses amis pigeons. L’ami pigeon raconta l’histoire à un autre ami pigeon. Cet ami pigeon raconta l’histoire à encore à un ami pigeon et ainsi de suite. Chaque fois qu’un pigeon rencontrait un autre pigeon, il lui racontait l’histoire de la poule multicolore et de la maman poule. Très vite, tous les pigeons du royaume connaissaient l’histoire. Aussi, à chaque fois qu’un pigeon rencontrait une poule, il lui racontait l’histoire de la poule multicolore qui était devenue l’un des oiseaux les plus importants du royaume.

Avec l’aide de tous les pigeons du royaume, il ne fallut que quelques jours pour que la maman poule reçoive le message, et la maman poule put répondre à la poule multicolore. La maman poule et la poule multicolore furent toutes les deux très heureuses d’avoir des nouvelles ! Grâce aux pigeons, la poule multicolore expliqua à la maman poule comment entrer dans le palais et les deux poules purent se retrouver.

Et les méchantes poules qui avaient chassé le poussin multicolore ? Elles continuèrent à vivre dans leur ferme, où des pigeons leur racontèrent l’histoire de la poule multicolore qui était devenue l’un des oiseaux les plus importants du royaume. Comme beaucoup de gens méchants, les méchantes poules étaient très égoïstes. En apprenant que la poule multicolore vivait au palais royal et avait fait venir la maman poule, elles se dirent que, si elles n’avaient pas été aussi méchantes, elles auraient pu elles aussi vivre au palais royal. Elles regrettèrent donc d’avoir été méchantes, mais il était beaucoup trop tard pour défaire le mal qu’elles avaient fait.

La poule multicolore et la maman poule vécurent toutes les deux très heureuses au palais royal et n’entendirent plus jamais parler des méchantes poules.

La Stratégie Lazare, Épisode 4 – Interlude : La Première Porte

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L’Homme Sans Nom court, confusément, poursuivi. Il devine que ce couloir est le dernier. Il devine qu’il ne reste plus qu’une porte. Il devine que le monstre sur ses talons va le rattraper.

La porte de bois s’ouvre sans bruit, latéralement, comme une porte fenêtre, et donne sur une araignée monstrueuse. L’araignée est faite de tubes et de câbles, et elle est posée sur le visage de l’Homme Sans Nom.

La salle est blanche et clinique. Une voix compte à rebours. Une caméra retransmet l’événement au Maître. L’Homme Sans Nom est sur le point d’entrer dans une maison à mille portes et sans aucune issue. Sa vie est sur le point de s’achever. Le monstre est sur le point de prendre son élan.

La dernière porte se referme au visage de l’Homme Sans Nom.

La suite au prochain épisode

La stratégie Lazare, Prologue

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La dernière porte se ferme. L’Homme Sans Nom se retrouve seul dans ce couloir sans fin. Mille portes de chaque côté, toutes verrouillées, et il sait qu’il n’y a pas de fenêtre dans cet édifice, pas d’escaliers, seulement des couloirs ans fins, des portes fermées et l’ombre.

L’Homme Sans Nom n’a plus la force de courir. Maintenant que toutes les portes sont fermées, maintenant qu’il ne sait même plus pourquoi il court, il tombe à genoux, résigné.

L’ombre le rejoint et l’engloutit.

La suite au premier épisode

Arden Oil, 582 A.D.

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« Il faut que vous compreniez dans quel état d’esprit nous étions tous.

Je ne sais pas ce que représentent les années 80 pour vous, la nouvelle génération, mais pour nous, c’était le choc pétrolier, l’invasion de l’Afghanistan par les Soviétiques, les Communistes au pouvoir en France. Les années 80, c’est le moment où les États-Unis se sont rendus compte de leur vulnérabilité. Imaginez un peu une nation propulsée entièrement par le pétrole, et de jour au lendemain, le pétrole devient une arme utilisée contre nous. Notre industrie pouvait s’effondrer du jour au lendemain, vos citoyens pouvaient se retrouver bloqués chez eux, sans compter l’armée et la marine, qui auraient été bien malignes en temps de guerre, clouées sur place. Comme si le Viet-Nam n’avait pas été suffisant ! Et puis, hors de question de compter sur le le projet Star Wars, qui pouvait savoir quand il serait déployé, à supposer même qu’il soit possible de le déployer sans essence !

Pendant ce temps-là, l’Union Soviétique déplaçait sa propre armée en direction de nos champs de pétrole. Oh, bien entendu, l’Agence nous assurait les Soviets ne seraient pas capables de dominer l’Afghanistan, pas tant que nous livrerions des armes à nos alliés et que nous achèterions leur opium, mais il leur suffisait de quelques lance-missiles et de quelques bases aériennes pour pouvoir nous couper l’approvisionnement en un clin d’œil.

Alors, le Président Reagan a pris la seule solution rationnelle. Il a envoyé nos troupes chercher le pétrole là où il se trouvait, prêt à être extrait, à un endroit où personne ne pourrait nous empêcher de le prendre. Il a envoyé nos troupes en Arabie Saoudite, en l’an 582. La première Machine à Voyager Dans le Temps a servi à nous fournir le pétrole dont nous avions besoin.

C’était le début de l’Arden Oil, 582 A.D. »

La Stratégie Lazare, Épisode 3: La Chapelle de la Bête

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(retour au prologue)

Dans l’obscurité, le Lazare fut rapidement contraint d’abandonner son pas de course. Peu après, il manqua de trébucher sur la première marche d’un escalier qui montait, humide, vers des ténèbres tout aussi profondes. Il commença à grimper, lentement, à l’affût de tout bruit ou de la plaque de mousse qui le ferait trébucher sur son épée. Après plusieurs minutes d’ascension, la plaque de mousse ne s’était pas glissée sous ses pieds mais le silence avait laissé place au bruit de soldats. De nouveau, on approchait, certainement prêt à le tuer. Le Lazare accéléra de son mieux le pas. De nouveau, une lumière commençait à poindre, reflétée sur d’autres murs de pierre, à l’étage auquel il était sur le point de déboucher.

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